dimanche 13 avril 2008

Les amis de Pierre

J'avais ce matin envie d'écouter une chanson pèchue, sans doute pour oublier la pluie qui tombe sous mon nez, par la fenêtre. Allez savoir pourquoi, j'ai pensé à "Hungry Heart" de Bruce Springteen.

De là j'ai immédiatement pensé à l'excellent film de Kenneth Branagh, "Peter's Friends", puisque cette chanson de Springteen est une des nombreuses chansons des années 80 de la bande sonore de ce film, très musical finalement.

Je ne sais pas si vous connaissez "Peter's Friends". Si ce n'est pas le cas, essayez de le trouver, il y a fort à parier que vous passerez un bon moment. Je le placerais dans la catégorie comédie grave très britannique. Peter, fils d'aristocrate anglais, réunit dans le château familial un groupe d'amis de Cambridge qui ne se sont pas revus depuis dix ans. Tous ont pris des voies différentes mais restent unis par cette amitié ancienne, très bien rendue. Des petites touches de gravité sont déposées çà et là, la comédie se révèle moins légère qu'il n'y parait au début: le couple de la bande se déchire à cause de la mort d'un de leurs bébés, le scénariste à succès de la bande noie ses angoisses dans l'alcool, la mangeuse d'hommes aspire à une vie plus rangée, Peter est séropositif... Mais pas de mélodrame, juste des hommes et des femmes qui ont vieilli et se sont confrontés à la vie.

Voici quelques passages, trouvés sur ioutube:





samedi 12 avril 2008

Xénophobie institutionnelle

Je suis écoeuré...

J'aide pour la troisième ou quatrième fois une amie colombienne professeur de français dans une université de son pays à organiser un voyage d'étude à Nantes pour quelques étudiants triés sur le volet pour leur motivation et leur désir de se frotter à la culture et à la langue françaises. Motivés, ils doivent l'être, puisque l'écart entre le niveau de vie de nos deux pays est important et ce projet représente pour eux une longue préparation matérielle et des sacrifices pour économiser de quoi financer le billet d'avion et le séjour.

Mon rôle consiste principalement à trouver des familles qui acceptent de les accueillir bénévolement pendant leur séjour ici. Ainsi ils découvrent la France de l'intérieur, ont l'occasion de communiquer en français et d'observer les habitudes de vie des indigènes. Bref, cet accueil bénévole est la condition pour que ce voyage ait lieu.

Les Colombiens ont besoin d'un visa pour mettre les pieds sur le territoire français. Les fois précédentes, l'ambassade de France en Colombie demandait une simple attestation de ma part avec les noms des familles françaises et les visas étaient délivrés sans plus de problèmes. Cette fois-ci, panique à bord... Mon amie, qui se charge des démarches, a appris que les visas ne seraient délivrés qu'en échange d'attestations individuelles officielles délivrées à la mairie du domicile de la famille d'accueil en échange d'une preuve de domicile, d'une photocopie de sa feuille d'imposition de l'année précédente et d'un timbre fiscal de 45 euros ! Et il faut faire vite, le temps de demander les attestations d'hébergement, de les expédier au plus vite en Colombie, d'envoyer le tout à l'ambassade et d'attendre les 15 à 20 jours pour l'obtention des visas, sachant que le départ est prévu pour dans six semaines.

Où va-t-on ? Que gagne l'état français à être si méfiant et précautionneux ? Ces étudiants ne représentent aucun danger, ils n'ont pas du tout l'intention de s'installer ici pour manger le pain des pauvres Français, ils suivent des études universitaires dans leur pays et sont sérieusement encadrés par une femme qui consacre sa vie (je n'exagère pas) au fameux "rayonnement de la culture française".

Et puis, je vais devoir embêter ces quelques familles nantaises qui acceptent déjà de recevoir pour rien, juste par ouverture d'esprit et pour l'amour de l'échange. Les embêter pour aller volontairement se faire ficher de toute urgence auprès des autorités et être suspectées de sympathie pour un étranger...

mercredi 9 avril 2008

Vespasien

Voici une Innocentine que j'aime beaucoup de René de Obaldia:

Vespasien
Empereur romain
Pissait toujours contre les murs

C'était sa nature
On n'y pouvait rien.

Qu'il soit en armure
En robe de lin
Qu'il fasse très noir
Beau sec, incertain,
Aussi bien le soir
Qu'au petit matin,
A la vue d'un édifice
Il fallait toujours qu'il pisse.

Quand il traversait le désert
Pour aller porter la guerre
Ses esclaves, toute la nuit,
Fabriquaient des murs qu'ils posaient en douce devant lui.
L'Empereur Vespasien bruissait alors comme une source.

Il dictait des lois
Rendait la Justice
Parlait le Gaulois
Jouait aux boules avec les rois.

Avec le menu frottin
Il prenait une voix off.
Il avait des tas d'copains
Piochés dans les philosophes.

On l'a vu qui présidait
Couvert de simplicité
Des ventes de charité.

Très poli avec les dames
Très poli avec les chiens
Il avait un coeur une âme
Digne des martyrs chrétiens.

Il payait de sa personne
Croquant volontiers la pomme.
Un bon Empereur, en somme.
Mais lorsqu'il voyait un mur !...

C'était sa nature
On n'y pouvait rien.

lundi 7 avril 2008

Histoires de boyaux

Fraîchement rentré d'un petit voyage de détente au soleil (c'est toujours ce que je mets sur la carte postale envoyée aux collègues pour faire bisquer les plus cons qui le croient - il y en a !), je suis sur les genoux (poux, choux, cailloux, hiboux). Je ne sais pas si c'est l'âge, une certaine lassitude, le programme (trop) intense ou la bande de 49 ados particulièrement gratinés que j'ai traînés chez les Ibères cette année, mais toujours est-il que votre serviteur a dormi tout le viquène.

Une fois encore, je suis obligé d'en arriver à la constatation suivante (et navrante) : l'adolescent en voyage scolaire est avant tout un boyau. Sa première préoccupation quand on débarque dans un lieu c'est de se précipiter aux chiottes. Et ça, que ce soit sur une aire d'autoroute ou dans un musée, même le plus passionnant du monde. On aura eu beau consacrer une vingtaine de minutes (ouais, avec 49 personnes ayant une envie pressante en même temps, ça bouchonne vite aux cabinets) une heure avant à leurs vessies, peu importe, il faudra remettre ça. D'où source d'énervement quand vous avez des visites de prévues et le chrono en tête.

Sa seconde préoccupation, c'est de remplir ce qu'il a vidé. Je ne compte plus les "M'sieur, quand est-ce qu'on mange ?" entendus en quelques jours. Inutile de vous dire qu'entre la magnifique vue d'une cathédrale ou d'un Alcázar et le kiosque à bonbons et à sachets de chips qui se trouve tout près, les vieilles pierres ne font pas le poids. Il faut veiller au grain.

Sa troisième préoccupation, c'est le quartier libre. Loin des profs et des tableaux du Greco ou de Velázquez si possible. Et ça, le quartier libre, je le bénis: c'est un moyen de pression formidable. On a quand même réussi l'exploit d'avoir 49 zozos à peu près sages et silencieux au musée du Prado. Explication: ils ne voulaient pas que je leur sucre leur temps libre d'après visite.

Autrement, dans les perles de l'année, il y a eu:

devant un tableau de Goya (je crois) représentant Esope:
- prof: "C'était quoi la langue d'Esope"
- élèves: "..."
- prof : "A quoi ça sert, une langue ?"
- élève: "A embrasser !"

devant une bonne cinquantaine de tombes, au sous-sol d'un monastère:
- élève de 15 ans: "Mais ils sont morts là-dedans ?"

devant un tableau peint début 19ème siècle:
- prof: "Voyons, qui dirigeait la France à cette époque ?"
- élève: "Mitterrand !"

Mais bon: formidables vacances au soleil !

samedi 29 mars 2008

Tortilla


Voici donc la recette de mon dîner d'hier soir, l'omelette aux pommes de terre à l'espagnole. "Tortilla" on traduit cela par "omelette", parce qu'il y a des oeufs battus, mais en fait ça n'a rien à voir avec l'omelette à la française, ni par l'aspect ni par le goût. C'est vraiment simple à faire et bon.

Ingrédients: 4 ou 5 grosses pommes de terre (qui tiennent à la cuisson), 2 ou 3 oignons moyens, de l'huile d'olive et du sel. On ne peut pas faire plus basique.

Peler les pommes de terre et les couper en tranches de quelques millimètres d'épaisseur. Peler les oignons et les couper aussi, pas trop gros. Dans une poêle à bords verticaux (indispensable car on la cuit des deux côtés), verser une bonne dose d'huile d'olive (j'essaie personnellement d'y aller doucement par rapport aux Espagnols, mais il en faut quand même un minimum). Y faire cuire les pommes de terre et les oignons, à feu moyen, en remuant régulièrement pour que le tout cuise sans dorer. On peut couvrir la poêle pour accélérer la cuisson.

Pendant ce temps, battre 3 ou 4 oeufs (pas plus !) dans un saladier et, quand les pommes de terre et les oignons sont cuits, verser le contenu de la poêle pour mélanger le tout hors feu. En fait, les oeufs ne servent qu'à tenir les pommes de terre et quand il y a trop d'oeufs, ça ne marche pas. Donc mieux vaut commencer avec 3 par exemple, et si vraiment on trouve qu'il en faudrait un de plus, on le bat et on l'ajoute à la mixture. On aura salé le tout avant de verser la préparation dans la poêle.

Toujours à feu moyen, on laisse l'omelette cuire doucement. Moi je couvre pour qu'elle soit cuite à coeur sans attendre que la partie en contact avec la poêle soit trop colorée. Quand on constate que la partie supérieure est suffisamment solide pour ne pas se défaire, on s'attaque à l'opération délicate de la recette: retourner la tortilla avec une assiette. C'est en général le moment où on maudit sa poêle dont le revêtement adhésif commence à sentir le sapin.

Un petit coup de cuisson de l'autre côté et hop, c'est prêt. Si le retournement s'est bien passé, le démoulage est un jeu d'enfant. Sinon, c'est à nouveau la galère et un résultat pas présentable.

On peut la manger chaude ou froide. Je trouve que c'est bien meilleur froid, les saveurs se développant plus qu'à chaud. On peut même en garnir un sandwich sans rien ajouter d'autre.

vendredi 28 mars 2008

Miam

Mon dîner de ce soir...


C'est quoi au fait ? Si vous trouvez, je vous donne la recette.

mardi 25 mars 2008

Melocotón en almibar

J'aurais plein de choses sur lesquelles bavasser en ce moment mais je n'ai pas le temps, enfin je ne le trouve pas, la désorganisation et moi étant fort bons amis.

Mon goût pour l'exhumation des vieilleries ne m'ayant pas quitté, j'ai déniché le seul enregistrement sur ioutioube que j'ai pu trouver de cette chanson que j'aime beaucoup depuis toujours, même si les paroles me laissent complètement perplexe (qui me fait une explication de texte ?)

Tout ce que je peux dire de Colette Magny c'est qu'elle avait du coffre au sens propre comme au figuré et qu'elle tâtait pas mal du jazz. A part ça, mystère et boule de gomme. J'ai la flemme de chercher alors si tu veux en savoir plus, lecteur/lectrice, prends ton courage à deux doigts et tapote donc sur ton clavier (pas mal l'enchaînement de sons des derniers mots, non ?)

samedi 15 mars 2008

Les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation

Et une rédac' du mois de plus ! Pour qui ne sait pas ce que c'est, la "rédac' du mois" est un sujet sur lequel un groupe de blogueurs éparpillés sur toute la planète disserte chaque mois. Et on publie tous nos travaux le 15 du mois à midi, heure de Paris. Des fois il y a des petits retards notamment à cause du décalage horaire, alors soyez compréhensifs. Cette fois-ci, le sujet qui nous a été proposé est "les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation". Allez donc lire ce qu'ont écrit mes camarades blogueurs: Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Joël, Looange, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, Vladyk, Hpy, Lydie, Lucile, Guy Cardinal, Optensia, Linda, Denis, Yibus et Julie . On commence à être drôlement nombreux, c'est bien.

"Tout fout le camp" disent les ronchons. S'il y a bien une chose qui a tendance à disparaître, c'est la bonne éducation. Les valeurs d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'il y a quelques décennies et il ne faut pas être très observateur pour constater dans la rue, dans les transports en commun ou au travail que les jeunes générations n'ont pas été complètement informées sur le sujet, voire pas du tout.

Comme je fais partie de ceux dont les parents ont été assez stricts sur les bonnes manière et le savoir-vivre, c'est vrai que je pourrais m'énerver très facilement chaque jour et ronchonner à mon tour. Mais aujourd'hui je ne suis pas d'humeur et d'ailleurs on m'a appris que faire remarquer aux autres leur impolitesse n'était justement pas poli. Je vais donc essayer de positiver en soulignant ce que j'apprécie quand ça arrive, car finalement ça arrive encore... parfois.

J'aime quand on fait suivre un bonjour de "Vincent" ou "Monsieur", selon les personnes.
J'aime quand la personne qui me précède me tient la porte.
J'aime les hommes qui ôtent leur couvre-chef dès qu'ils ne sont plus à l'extérieur.
J'aime les gens qui disent "excusez-moi" quand ils passent devant vous alors que vous êtes arrêté à regarder quelque chose (au supermarché y compris).
J'aime les automobilistes qui vous font un signe de la main pour vous remercier quand vous leur cédez le passage.
J'aime entendre un "merci". Un "merci beaucoup", c'est carrément l'extase.
J'aime les gens qui pensent à arrêter de mâcher leur chewing-gum en vous parlant.
J'aime les gens qui coupent leur portable avant d'entrer dans un endroit où recevoir un appel pourrait gêner les autres.
J'aime les gens qui arrêtent précipitamment la sonnerie de leur portable sans répondre quand ils ont oublié de l'éteindre au préalable et qu'ils sont dans un lieu public.
J'aime les jeunes qui laissent leur place assise à une personne âgée dans l'autobus ou le métro.
J'aime les gens qui attendent que tout le monde soit servi à table avant de commencer à manger.
J'aime les collègues qui pensent à éteindre la cafetière commune quand ils se sont servis et qu'il reste peu ou pas de café dans le pot.
J'aime les collègues qui nettoient leurs cochonneries quand ils en ont fichu partout en se servant du café.
J'aime les collègues qui pensent à faire du café pour les autres et pas seulement pour eux, juste quand ils ont envie d'en boire un.
J'aime les files d'attente où chacun attend son tour bien sagement.
J'aime les gens qui frappent aux portes et attendent d'avoir le feu vert avant d'entrer.
Je trouve bien élevé de parler, même mal, une langue que chacun connait quand plusieurs personnes de nationalités différentes sont réunies. Bien sûr, à l'impossible nul n'est tenu.
J'aime les gens qui ne se comportent pas dans les lieux publics comme s'ils étaient chez eux.
J'aime les gens qui pensent à vous demander comment vous allez après avoir donné spontanément des nouvelles de leur personne.

J'ai très certainement oublié des choses, mais que de petits moments de bonheur finalement, quand on y réfléchit, non ?